septembre
2026
Le constat est alarmant :
• Une participation à la permanence des soins (gardes sur place et astreintes) quasi systématique (et dans une proportion importante au-delà du 3ème mois de grossesse) dans des conditions qui semblent difficilement compatibles avec la grossesse,
• Une absence d’adaptation des conditions de travail,
• Un taux de recours au congé pathologique important, et supérieur à celui retrouvé dans les catégories socioprofessionnelles comparables,
• Et surtout des taux de prématurité (prématurité globale, prématurité modérée, grande et extrême prématurité) trois fois supérieurs à celui de la population générale - et supérieur aux données globales “toutes spécialités”, interrogeant sur le lien entre la pénibilité de l’exercice de notre spécialité et l’évolution de la grossesse.
Dans un contexte où…
• La participation à la permanence des soins représente parfois jusqu’à la moitié de la rémunération d’une jeune praticienne,
• Nombre de femmes médecins, encore aujourd’hui, voient leur carrière conditionnée par leur maternité (non-renouvellement de contrat, retard de la nomination de PH, difficulté d’accès aux carrières universitaires et aux postes de responsabilités),
• Les effectifs cibles d’équipe calculés par les administrations ne prennent pas en compte l’hypothèse de l’absence d’un praticien pour raison de grossesse, de parentalité ou de maladie,
• Les équipes sont déjà en situation de sous-effectif chronique : le taux de vacance de postes en anesthésie-réanimation s’élève à 37 % au 1er janvier 2026.
… il est probable que cette poursuite d’activité professionnelle soit subie (par contrainte ou par “auto-contrainte”). Cet élément doit être étudié dans la recherche des causes de nos résultats.
- Une application sans réserve des nouvelles mesures réglementaires permettant aux femmes médecins en anesthésie-réanimation d’assurer un suivi de grossesse optimal (une étude récente (2) montre que ce n’est pas le cas actuellement),
- Adaptation des conditions de travail pour chaque femme médecin enceinte, en lien avec le service de santé au travail,
- La mise en place de mesures limitant les conséquences de l’arrêt de la participation à la PDS pour les femmes enceintes (tant sur le plan financier que sur l’évolution de carrière) mais aussi pour les équipes,
- La définition d’équipes médicales stables avec des ratios médecins-patients et des effectifs adaptés.
Le SNPHARE renouvelle sa demande de rendez-vous auprès de la Ministre de la Santé pour aborder les conditions d’exercice des médecins anesthésistes-réanimateurs et de l’ensemble des praticiens hospitaliers.
(1) https://www.snphare.fr/fr/blog/posts/sante-des-praticiens-hospitaliers--resultats-de-lenquete-du-snphare-what-health-
(2) Ben M’Barek I, Tuil R, Holmström E, Ceccaldi P-F. Pregnancy care among French physicians : A national survey. Int J Gynecol
Obstet. 2024 ;00:1-3
(3) Données DRESS 2023 et Indicateurs Périnat 2014-2024








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