APH FRANCE

Communiqué de Presse du SNPHARE du 17 Septembre 2026

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septembre

2026




femmes médecins AR et grossesse
A l’occasion du congrès annuel de la Société Française d’Anesthésie-Réanimation (SFAR), le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers en Anesthésie-Réanimation Élargi aux autres spécialités (SNPHARE) a présenté, ce mercredi 16 septembre, des résultats issus de sa grande enquête sur la santé des praticiens hospitaliers “WHAT HEALTH ?” (1), et concernant la grossesse des médecins anesthésistes-réanimateurs : conditions de travail, congés pathologiques et accouchement prématuré.

Le constat est alarmant :
• Une participation à la permanence des soins (gardes sur place et astreintes) quasi systématique (et dans une proportion importante au-delà du 3ème mois de grossesse) dans des conditions qui semblent difficilement compatibles avec la grossesse,
• Une absence d’adaptation des conditions de travail,
• Un taux de recours au congé pathologique important, et supérieur à celui retrouvé dans les catégories socioprofessionnelles comparables,
Et surtout des taux de prématurité (prématurité globale, prématurité modérée, grande et extrême prématurité) trois fois supérieurs à celui de la population générale - et supérieur aux données globales “toutes spécialités”, interrogeant sur le lien entre la pénibilité de l’exercice de notre spécialité et l’évolution de la grossesse.

Tableau MAR WHAT HEALTH

Dans un contexte où…
• La participation à la permanence des soins représente parfois jusqu’à la moitié de la rémunération d’une jeune praticienne,
• Nombre de femmes médecins, encore aujourd’hui, voient leur carrière conditionnée par leur maternité (non-renouvellement de contrat, retard de la nomination de PH, difficulté d’accès aux carrières universitaires et aux postes de responsabilités),
• Les effectifs cibles d’équipe calculés par les administrations ne prennent pas en compte l’hypothèse de l’absence d’un praticien pour raison de grossesse, de parentalité ou de maladie,
• Les équipes sont déjà en situation de sous-effectif chronique : le taux de vacance de postes en anesthésie-réanimation s’élève à 37 % au 1er janvier 2026.

… il est probable que cette poursuite d’activité professionnelle soit subie (par contrainte ou par “auto-contrainte”). Cet élément doit être étudié dans la recherche des causes de nos résultats.

Cette situation ne peut plus être tolérée. Des mesures urgentes s’imposent :

  • Une application sans réserve des nouvelles mesures réglementaires permettant aux femmes médecins en anesthésie-réanimation d’assurer un suivi de grossesse optimal (une étude récente (2) montre que ce n’est pas le cas actuellement),
  • Adaptation des conditions de travail pour chaque femme médecin enceinte, en lien avec le service de santé au travail,
  • La mise en place de mesures limitant les conséquences de l’arrêt de la participation à la PDS pour les femmes enceintes (tant sur le plan financier que sur l’évolution de carrière) mais aussi pour les équipes,
  • La définition d’équipes médicales stables avec des ratios médecins-patients et des effectifs adaptés.


Le SNPHARE renouvelle sa demande de rendez-vous auprès de la Ministre de la Santé pour aborder les conditions d’exercice des médecins anesthésistes-réanimateurs et de l’ensemble des praticiens hospitaliers.

(1) https://www.snphare.fr/fr/blog/posts/sante-des-praticiens-hospitaliers--resultats-de-lenquete-du-snphare-what-health-
(2) Ben M’Barek I, Tuil R, Holmström E, Ceccaldi P-F. Pregnancy care among French physicians : A national survey. Int J Gynecol
Obstet. 2024 ;00:1-3
(3) Données DRESS 2023 et Indicateurs Périnat 2014-2024