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décembre

2021




L’OSAT est créé pour témoigner au plus près des activités réelles des acteurs de soin grâce à une plateforme en ligne (osat.aph-France.fr). Il donne la possibilité aux acteurs de santé de déclarer individuellement, en remplissant un formulaire détaillé, une souffrance en lien avec leur vie professionnelle. Par cet intermédiaire, le déclarant peut demander à être contacté, par téléphone ou email, par un praticien hospitalier ayant pris connaissance du contenu de la déclaration préalablement rédigée. Dans ce cas, une écoute attentive permet d’envisager un lien entre la souffrance et les dysfonctionnements ou une dégradation des conditions de travail.


Les écoutants de l’OSAT sont des militants de la bienveillance hospitalière, bénévoles membres des syndicats constitutifs d’APH. S’ils sont bien au fait des problématique et des conduites à tenir, leur formation n’est pas celle d’un psychothérapeute, ni d’un juriste. L’explosion des causes et des conséquences de la souffrance au travail dans les hôpitaux – management inadapté, sous-effectifs chroniques, défaut d’attractivité, crises sanitaires à répétition – démultiplie les déclarations de souffrance au travail et les demandes d’appel à l’aide, de plus en plus dramatiques. Cette dégradation généralisée touche l’ensemble du corps soignant et n’épargne pas ceux en charge du fonctionnement syndical en général, et ceux chargés du fonctionnement de l’OSAT en particulier, que ce soit au niveau du recueil des déclarations que des nécessités d’une écoute digne de ce nom. Les conditions humaines et matérielles du fonctionnement de l’OSAT sont très loin d’être suffisantes pour assumer au plus près des nécessités et des exigences d’un tel observatoire.

A la lumière de ce constat, le conseil d’administration d’APH, responsable de l’OSAT, a décidé ce 25 novembre 2021 d’un moratoire au fonctionnement de l’OSAT. Il en informe l’ensemble des acteurs de santé par voie de presse et par une news-letter adressé à l’ensemble de ses mandants et au-delà au sein du personnel médical des hôpitaux, ainsi qu’aux pouvoirs publics.
Une information sur les solutions d’appel et de prise en charge alternative peut être consultée ci-dessous

La période de moratoire va permettre à un groupe de réflexion de définir les conditions d’une reprise d’activité de l’OSAT en suivant un cahier des charges en cohérence avec les objectifs et les besoins de la collectivité soignante hospitalière en souffrance au travail, en termes de moyens, d’organisation et de formation. L’État devra prendre et assumer ses responsabilités sur l’aide nécessaire qu’il doit apporter sur le plan humain et financier pour le bon fonctionnement de cette structure à venir.

En l’absence de l’OSAT, un certain nombre de structures peuvent répondre aux besoins de collègues en souffrance ou graves difficultés professionnelles :
 Le SPS (Soins aux professionnels de Santé) est une association qui vient en aide aux professionnels de santé et aux étudiants. https://www.asso-sps.fr/, 24h/24 et 7j/7 : 0 805 23 23 36
 le Réseau Souffrance au travail : https://www.souffrance-et-travail.com/
 Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Des professionnels vous répondent 24h/24 et 7j/7.
 L’association Mots, une unité clinique d’écoute, d’assistance et de recherche-action pour les médecins Numéro d’écoute : 0608-282-589 https://www.association-mots.org/
 Conseil de l’ordre : numéro unique d’écoute et d’assistance aux médecins et internes en difficulté : 0826 000 401.