10

janvier

2023




Le Président de la République a présenté ses vœux pour la santé aux Français, aux soignants et aux praticiens depuis un établissement de santé et Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux l’en remercie.
Action Praticiens Hôpital prend acte du bilan sans équivoque porté par le Président de la République sur les échecs itératifs d’une méthode globale qui dure depuis deux décennies et qui a systématiquement écarté les acteurs de terrain des décisions en creusant la désertification médicale des territoires.


communiquė

Concernant l’affichage des 19 milliards de rattrapage alloués, comme évoqué par le Président de la République, Action Praticiens Hôpital lui rappelle qu’il manque entre 150 et 200 milliards sur les 15 dernières années pour l’ONDAM hospitalier. Il reste encore un chemin sans fin à parcourir pour combler ce gouffre et APH confirme que le traitement choisit en 2020 était bien insuffisant car il n’a pas abordé les problèmes de fond comme déjà en 2018… Ainsi certains soignants ou praticiens ont quitté ce navire en perdition.

Action Praticiens Hôpital se satisfait du constat présidentiel sur la T2A ou tarification à l’acte, qui a généré une politique de course effrénée aux actes et aux valorisations sur un principe de rentabilité transformant un bien commun en hôpital-usine. Dans le nouveau modèle à construire, il faudra évaluer non seulement le coût de l’acte, mais le temps passé par les professionnels de santé en incluant les coopérations autour du patient, les coûts des infrastructures et des interventions médico-sociales.

Action Praticiens Hôpital demande que le nouveau financement de la santé soit abordé autour du besoin de soins de nos concitoyens et adapté au coût réel du soin… et non l’inverse !
Action Praticiens Hôpital exige l’intégration de ratios soignants-praticiens par malade pour une plus juste allocation des moyens, élément majeur oublié dans le discours présidentiel.
Action Praticiens Hôpital prend note d’un rééquilibrage de la gouvernance en espérant que celle- ci comportera également un volet social pour que nous puissions exercer dans des conditions plus humaines. Les hospitaliers veulent pouvoir soigner en respectant la dignité des malades qui sont aujourd’hui stockés sur des brancards aux urgences dans une indifférence qui interpelle.
Action Praticiens Hôpital entend le constat du Président de la République sur la formation de nos jeunes soignants et praticiens avec l’anomalie de la gestion algorithmique de ParcourSup que le Président se propose de corriger. APH insiste sur la nécessaire protection de nos jeunes qui s’engagent dans les métiers du soin et qui ne peuvent plus être lancés au front de cette crise sanitaire sans fin pour « boucher les trous » et combler les absences. APH rappelle l’aberration d’envoyer nos jeunes se former à l’étranger par manque de places dans nos facultés ou de terrain de stage tout en spoliant certains pays de leurs ressources médicales ou soignantes.
L’organisation et le parcours des étudiants en santé sont à repenser si nous ne voulons pas voir un taux d’abandon de 45% qui marque un échec de la méthode qui brûle les vocations de notre jeunesse et impacte autant notre avenir sanitaire.

Le Président de la République a abordé également le temps et l’organisation du travail à l’hôpital comme nos conditions de vie.

Action Praticiens Hôpital rappelle que le temps de travail de très nombreux praticiens hospitaliers est invisibilisé par les directions hospitalières grâce à un système comptable non conforme. De plus, les praticiens n’ont pas accès à la protection offerte aux autres salariés pour la défense de leurs droits élémentaires. La forfaitisation des émoluments des soignants et des praticiens est une gageure dont l’injustice est criante et se doit d’être immédiatement corrigée en l’intégrant de manière rétroactive pour nos retraites.

Le Président a évoqué la nécessaire reconnaissance et prise en compte de la pénibilité du travail de nuit et de week-end dans un contexte de permanence des soins quasi exclusivement assurée par les hospitaliers. Il veut repenser l’organisation collective et managériale et si nous avons bien compris considérer la juste valorisation de cette mission de service public qui est une évidence en termes de justice sociale et de considération de notre charge de travail.
Action Praticiens Hôpital s’inquiète des « solutions de santé » du Président de la République qui pour répondre à la pénurie, visent à créer des professions médicales intermédiaires. APH regrette la possible exclusion des médecins dans le parcours de soins coordonné des patients.

Action Praticiens Hôpital partage les constats du Président de la République autour de la mobilisation, de la solidarité et de la responsabilité de tous les acteurs de notre système de santé.
Action Praticiens Hôpital attend une réelle refondation structurante du système de santé, définissant les rôles et missions de chacun dans le parcours de soins coordonné des patients.

APH prend date de la nécessité de reconnaître l’engagement permanent des hospitaliers incluant la permanence des soins, comme des pistes de sauvetage évoquées pour l’hôpital public mais attend les mesures adéquates à déployer. APH insiste surtout sur la nécessité de retrouver le sens de nos missions pour les soignants et les praticiens dans un système à la dérive … L’attractivité des carrières, est pour APH un des leviers essentiels à traiter dans le fond et non par des palliatifs.
Dans un but d’équité et de reconnaissance, Action Praticiens Hôpital demande au Président de la République :

  • La mise en place d’un nouveau système de financement de la Santé basé sur la pertinence et la qualité des soins intégrant les ratios de soignants-praticiens avec les besoins de soins de nos concitoyens ;
  • Une gouvernance humanisée et humaniste pour organiser la réponse sanitaire hospitalière ;
  • La juste prise en compte considération des équilibres entre vie professionnelle et vie personnelle car vos soignants et vos praticiens sont en grande souffrance ;
  • Le décompte réel du temps de travail et son affichage pour faire valoir nos droits et la prise en considération de l’exacerbation d’une pénibilité qui sur les horaires de la Permanence des Soins repose quasi exclusivement sur le système hospitalier ;
  • La restitution immédiate des 4 années d’ancienneté volatilisées au décours du Ségur pour les praticiens nommés avant octobre 2020 qui de fait ont été spoliés.

Action Praticiens Hôpital, conformément aux principes portés celles et ceux qui ont construit notre système de santé solidaire, se rappelle de Saint Exupéry : « L’avenir, tu n’as point à le prévoir mais à le permettre. ». Action Praticiens Hôpital porte et portera ce combat